vendredi 11 janvier 2013

Le Torres del Paine et le Perito Moreno.

Voici 2 noms qui nous font rêver depuis des mois : le parc national Torres del Paine, au Chili, à une centaine de kilomètres au nord de Puerto Natales, et le glacier Perito Moreno, situé dans le parc national des glaciers, à El Calafate (environ 250 km au nord de Puerto Natales).
Commençons par le parc du Torres del Paine, le premier découvert  sur les 2. Ce parc s’étend sur 242000 ha, a été crée en 1959. 


La plupart des gens font des randonnées d’une journée les emmenant jusqu’au mirador permettant d’admirer les Tours du Paine (« Torres del Paine »), d’autres font un circuit dénommé W du fait de sa forme, et enfin certains font le grand tour appelé « el circuito » qui permet lui de faire une boucle en plus du W.

Pas décidés à partir pour au moins 9 jours de trek, nous nous sommes contentés de 5 jours en s’attaquant au W (4 jours), plus une journée d’approche permettant d’économiser une traversée en bateau pas donnée. Déjà que l’entrée du parc est coûteuse (18000 pesos Chilien soit 30€, par personne).

Nous voilà donc partis de Puerto Natales, le mercredi 3, sac à dos enfoncés dans les épaules (et oui ils pèsent lourd à cause de la nourriture, pourtant avec le temps nous avons appris à minimiser au max : 1 slip et 1 t-shirt de change chacun, même pas de serviette de bain : 5 jours sans se laver c’est rien ! 1 duvet pour 2 bref le strict minimum).
Nous attaquons donc le stop qui fonctionne au bout d’une petite dizaine de minutes, nous montons avec une famille de Belge francophone, ils sont 5 dans leur pick-up de location, nous embarquons donc dans la benne, ce qui nous permet d’avoir une vue panoramique sur les paysages malgré le vent, les quelques gouttes de pluie et la poussière (et oui c’est de la piste).


Notre première journée sera tranquille puisque le camping gratuit mis à disposition gentiment par le parc (au prix qu’on paye l’entrée !) se situe à 7,5 km que nous avalerons en 1h30. Le camping est en plein vent, les toilettes ne sont même pas qualifiées de toilettes par Pauline vu l’état immonde de ce qu’il y a dedans, dehors, autour, etc …Vous voulez les photos ?


Il faut savoir que le camping sauvage est interdit dans le parc, qu’il est interdit de se servir de son réchaud en dehors des zones autorisées (des cabanes en bois abritées du vent), interdit de faire du feu, de bruler son PQ, etc. Ils sont très stricts puisque 2 incendies ont ravagé le parc en 2005 et le dernier en 2012. Négligence de certain (en brulant son papier toilette), 18000 Ha de forêts brûlés ! Nous traversons donc ces forêts, qui ont perdu beaucoup de leur charme !
Après une nuit très venteuse, (la tente a souffert, un arceau s’est tordu) nous partons vers le refuge Grey (21 km ; 5h45). Nous marchons dans une steppe avec un vent de face à dépoiler la barbe d’Alexis (!), longeons le lac Pehoe d’un bleu turquoise avec en toile de fond une masse montagneuse à donner le vertige …
Dans l’après-midi, c’est à côté du lago Grey que nous marchons, nous apercevons des icebergs dans l’eau, certains sont blanc, d’autres sont bleu, leur couleur, leur taille et leur forme sont incroyable. Mais d’où viennent-ils ? Du glacier Grey quelques kilomètres plus loin, le but de notre journée. Déjà un premier mirador nous permet de l’admirer puis un second où nous nous approchons au plus près de cette masse de glace. Nous la contemplons plusieurs minutes en s’asseyant en face puis retournons au camping pour y passer une nuit plus tranquille (nous sommes entre les arbres à l’abri du vent).

Le vendredi 4, les douleurs aux jambes commencent à se faire sentir, aujourd’hui ce sont 18,5 km que nous ferons en 5h avec de jolies vue sur les glaciers mais cette fois sur les montagnes que nous chatouillons à notre gauche tandis que le lac Pehoe s’étend à notre droite.
Après une passerelle bringuebalante, nous arrivons à notre 3ème bivouac gratuit, le campamento Italiano, censé être fermé mais que nous squatterons comme les dizaines d’autres marcheurs. Pau se repose tandis que je décide de continuer un sentier remontant la « valle Francès » jusqu’à un mirador. Cette fois, les 15 km d’aller-retour se feront au petit trot puisque déchargé du sac à dos, on se sent léger comme une plume.
Quel bonheur de boire l’eau à même le ruisseau qui descend directement des glaciers. D’ailleurs des morceaux de glace s’en détache dans un fracas faisant penser à de l’orage.


Notre 4ème journée, nous l’attaquons tardivement (10h15) malgré que ce soit notre plus grosse journée en temps et en kilomètres. Celle-ci sera marqué par la pluie qui fera son apparition dans le milieu d’après-midi. Nous arriverons détrempé à un premier camping payant mais le notre gratuit est encore à 1h de marche. Nous nous restaurons avec des pâtes chinoise au gout de poulet avant d’attaquer cette dernière partie. Beaucoup de petits ponts et passerelles égayent notre chemin. La pluie est toujours présente mais nous sommes à l’abri des arbres.
Nous montons la tente tant bien que mal avec les gouttes et le sol spongieux, une fois dans la tente vers 17h30, nous n’en ressortirons que le lendemain matin. Une nuit à essuyer des trombes d’eau assez puissante.
Ce matin, pour notre dernier jour, la pluie est timide, nous refaisons les sacs et les déposons près des gardes parcs afin de faire un aller-retour au  « mirador de las Torres ».
Nous décidons d’y aller quand même malgré les nuages bouchant toutes possibilités de les admirer. Mais nous rencontrons un cyclo, déjà vu à Puerto Natales, qui nous dit que par moment il y a des éclaircies.
C’est parti pour 45 min de grimpette durant laquelle nous aurons le droit à de bonnes chutes de neige agrémentées d’un vent fort. Tout ça pour attendre en haut sans avoir la chance que les tours se dégagent…On repart déçus !
La marche de retour est quasi continuellement en descente, les mollets souffrent autant que dans les montées, nous atteindrons la sortie du parc après 4h de marche et 16 km. Il est 16h, le bus de retour est à 20h, nous tentons le stop qui fait encore ses preuves, nous embarquons avec un couple de Norvégiens ne parlant que l’Anglais, conversation difficile mais nous voilà à Puerto Natales où les crêpes dont nous rêvions changeront du régime de pâtes de ces 5 derniers jours. Au total plus de 100 km de marche en 5 jours, nous rentrons fatigués, avec un sacré mal de jambes mais nous sommes comblés par ce parc magnifique qui vaut vraiment le détour malgré tous ces arbres calcinés.

Une journée de repos à Puerto Natales, dans la Casa Lili (où nous stockons nos bicyclettes), sorte d’hôtel camping, repère des groupes d’Israéliens, donc très bruyant. Nous retrouvons le couple Israélien de Futaleufu qui voyage en stop ainsi qu’un couple de cyclo Italiano-Suédois qui remontent par le bateau à Puerto Montt (on est pas les seuls !).
On se requinque avec un bon gateau marbré préparé par le grand chef cuisto Pauline…A mon grand étonnement, il était très réussi et même excellent !


Passons maintenant au glacier Perito Moreno, celui-ci nous faisait autant rêver que le salar d’Uyuni, la cordillère blanche, ou encore le Machu pichu. Nous voilà donc en route, en bus pour la ville d’El Calafate, point de départ des excursions pour ce glacier. Ville très touristique, mignonne malgré tout avec ces maisons en bois, ces restaurants et hôtels. Dommage qu’un grand casino défigure le centre-ville...



L'oiseau dont on vous a déjà parlé. Son nom plus connu est : IBIS

Le prix du bus n’étant pas donné pour faire l’aller-retour au Perito (140 pesos argentins soit 23€ pour 2h de trajets…ils en profitent), les agences affichant des prix exorbitant, nous décidons de tenter notre chance avec notre pouce (on reprend bientôt le vélo ne vous inquiétez pas !). Début difficile, ce n’est qu’au bout d’une bonne heure qu’une femme s’arrête et nous propose de nous emmener.
Elle s’appelle Patricia, vit à Buenos aires et profite de ses 30 jours de congés pour visiter son pays. Très sympathique, elle nous dit, au moment de payer l’entrée du parc, ne dites rien ! (« fermez la bouche » comme elle dit, sont les quelques  mot de Français qu’il lui reste de l’école…). Le garde demande d’où nous venons, elle dit de Buenos aires, le garde n’y verra que du feu et nous ne paierons que les 40 pesos (pour les argentins : 7€) au lieu des 100 pesos (pour les étrangers : 17€).
Pourquoi cette différence de prix entre les locaux et les étrangers ? Tous les parcs et les musées depuis le début de notre voyage sont plus chers pour les étrangers.


Nous voilà donc au Perito Moreno, un des glaciers les plus accessible (les autres se font en bateau), un des plus grand, des plus haut, des plus beau du coin ! Il est classé au patrimoine mondial par l’Unesco.
Cette masse de glace gigantesque n’est qu’un des bras d’un immense champ de glace dans les terres. Le Perito Moreno est impressionnant par sa taille : 15 km de long, 5 km de large et 60 m de hauteur !
Sa superficie est l’équivalente de la ville de Buenos Aires !!! Ce glacier est en mouvement, et c’est un des rares qui gagne de l’espace, il peut avancer de 2 mètres par jour !
Signe de ce mouvement les craquements perpétuels de la glace et les morceaux qui se détachent dans un fracas assourdissant, nous aurons la chance de voir un morceau de la taille de 2  bus (voir même plus mais c’est pas facile à évaluer) se détacher sous nos yeux. La vague qui en résulte aurait pu nous permettent de faire du surf ou presque !


 

















Nous passerons quelques heures à admirer ce majestueux bout de nature incroyable avant d’abuser de la gentillesse de notre chauffeur qui nous proposera de nous ramener à El Calafate. Merci Patricia !!!

Le retour à Puerto Natales, le 10 janvier se fera aussi en stop, 3h d'attente pour partir d'El Calafate avant d’enchaîner 3 transports différents : pick-up, camion où nous serons assis dans la couchette et où nous aurons le droit au fameux maté : il faut savoir qu'en Argentine c'est une tradition, tous se ballade avec le maté (nom du récipient), l'herbe à maté qui infuse, et leur thermos d'eau à ...84°C (attention, c'est le secret, il ne faut pas que l'eau bout !). Pour finir, nous emprunterons une voiture après leur avoir demander alors qu'ils faisaient la queue à la station essence, beaucoup de Chiliens viennent faire le plein en Argentine (le diesel y est 2 fois moins cher ! par exemple 1 litre d'essence coute 61cts d'euros).
A la casa Lili, 2 cyclos sont là, nous en connaissions un, rencontré à Valparaiso il y a plus d'1 mois maintenant.
Nous reprenons la route à vélo vers Punta Arenas, qui sera notre dernière ville continentale puisqu'après c'est ... la "Tierra del Fuego" qui est une île  Normalement ce tronçon de 250 km est asphalté et le vent devrait être de dos...

PS : réponses aux dernières questions :
1- " Pour que ce jour compte, rendez-vous sous l'horloge " : Titanic ;
2- " C'est comment le grand bleu? Ben grand et bleu " : Le monde de Némo ;
3- Poupe : arrière, proue : avant, tribord : droite, bâbord : gauche.

Bien sur ce n'était qu'un jeu, ceux qui veulent seront invités au barbecue mais on ne sait pas encore où !
A bientôt !!!

mardi 1 janvier 2013

La croisière s'amuse !

De Puerto Montt, où il pleuvait encore, nous avons décidé d'aller à Puerto Varas (à 20 kilomètres d'ici) pour passer Noël. Nous arrivons trempés dans cette petite ville au bord d'un grand lac, qui était bien décorée et où une ambiance festive y régnait.

Nous décidons de nous faire plaisir en prenant une chambre dans un hôtel. Le confort d'un bon lit douillé nous manquant beaucoup ! 
Pour le repas du réveillon, ce sera crêpes ! Eh oui, ça peut paraître léger pour un 24, mais pour nous, ce fut un festin ! Crêpes au sucre, crêpes au fromage et au jambon, crêpes au "dulce de leche" (confiture de lait), crêpes en veux-tu en voilà !!! Miam miam !

Port de Puerto Varas


Nous avons partagé ce réveillon avec deux Français étudiant au Chili, deux Allemandes en vacances et un cyclotouriste Français. Le lendemain matin, à notre réveil, le Père Noel était passé : des chocolats dans nos chaussures et un sapin planté au milieu de la chambre ! Peut-être est-ce parce que nous avons été très sages ?!!!

Aujourd'hui, c'est Noel !
Le temps que nous avions depuis quelques jours a changé quelque peu nos projets : nous devions parcourir à vélo la célèbre "caratera Australe" qui signifie "route Australe" d'environ 1000 km de long.

Beaucoup de cycliste la parcoure puisqu'elle offre des paysages sublimes. Les seuls inconvénients de cette route sont : le vent qui souffle très fort, le revêtement de la route qui n'est quasiment fait que de pierres et de terre, et surtout LA PLUIE !!! 
Inconvénients qui, en voiture, sont vite oubliés...Mais à vélo, c'est différent ! 

Etant fatigués de faire du vélo et voyant les prévisions météorologique, nous avons pris la décision, avec l'aide de Marc, notre ami Belge rencontré à la Paz, de faire Puerto Montt - Puerto Natales en bateau !




















C'est une croisière de 4 jours et 3 nuits dont nous avons donc profité en cette fin d'année 2012. A l'image de tout notre voyage, elle fut magique ! 
Nous avons eu 3 jours et demi de beau temps sur 4, en sachant que sur cette croisière, il ne fait beau que 20 jours par an en moyenne !!! Encore notre bonne étoile qui nous suit ! 
 Même un technicien du bateau avec qui nous avons sympathisé nous a dit : 
 "Quand il fait beau en Patagonie..." suivi du signe de croix ! 

" Pour que ce jour compte, rendez-vous sous l'horloge..."





A bord, repas copieux (heureusement car le prix du billet était salé !), chambre de 4 lits que nous avons partagé avec un couple d'allemand, activités diverses (informations sur les golfes traversés  sur la faune, jeux...), et douches chaudes avec grosse serviette très agréable pour le séchage !... 

























                                                       

Dans l'ensemble, la mer était calme car nous étions protégés par toute les petites îles. Sauf dans "le golf de penas" où nous étions directement exposé aux vents de l'Océan Pacifique...Alexis a d'ailleurs rendu à la nature sont dû...

" Mais c'est comment le Grand Bleu ? - Ben, grand ... et bleu..."

Comme le temps le permettait, nous avons fait un détour pour pouvoir accéder à un glacier. Le paysage se resserait sur le bateau, nous laissant apercevoir de plus près la végétation  Nous commencions à apercevoir des petits morceaux de glaces qui flottaient dans l'eau. Ce matin là, l’atmosphère était spéciale. Les nuages étaient bas et la température fraîche. Des loups de mer (petits phoques) pointaient le bout de leur nez, l'air de dire "Mais qu'est-ce-qu'ils font ici ceux-la ?!" 



Et puis, au bout de ce long canal glacial, nous arrivons sur ce mur de glace, le glacier Tempanos. Comme dans un rêve, on croit que tout ça n'est pas réel. Puis, les quelques morceaux de glace qui se détachent du gros bloc et qui tombent dans l'eau nous prouvent que ce n'est pas une illusion. 

Nous avons l'impression que le temps s'est arrêté. Que sommes-nous face à la nature ?! Pas grand chose ! 


On retourne sur notre itinéraire "de base" et les dauphins, pingouins, loups de mer et même baleines nous accompagnent ! Le spectacle est grandiose ! Comme des enfants, nous courons de bâbord à tribord pour voir où se cachent les dauphins !!! Vous l'aurez compris, cette croisière restera longtemps dans nos souvenirs !

Nous avons eu des informations assez surprenantes sur les baleines bleues pendant cette traversée. Elles peuvent peser jusqu'à 170 tonnes, et mesure environ 30 mètres ! Elles donnent 600 litres de lait par jour à leur baleineau qui pèse 7 tonnes à la naissance...Rien que ça !


"Où se trouve la poupe, la proue, bâbord ainsi que tribord ? "
Nous profitons également de longues journées. En effet, ici, on bénéficie d'environ 18 heures de luminosité par jour ! Le soleil se lève vers 4h30 du matin et se couche qu'à 22h30 ! 
Nous avons parcouru environ 1500 km en bateau, nous sommes donc très proche de l’Antarctique (ce qui explique que nous ayons plus de lumière).


Plus qu'environ 250 kilomètres nous séparent maintenant de la Terre de Feu ! Notre but final approche, et même si nous avons hâte de retrouver nos proches, un petit pincement au coeur se fait ressentir...
Encore environ 700 kilomètres à pédaler avant Ushuaia, mais bon, ce n'est pas la mer à boire !...
En tout cas, pour nous, l'année 2012 a fini aussi bien qu'elle a commencé ! 

Nous vous souhaitons une excellente année 2013, plein de bonheur et de réussite, et qui sait, peut-être un  voyage que nous pourrions suivre à notre tour ?!  

PS : Sans tricher avec l'aide d'internet ou tout autre instrument de recherche, si vous arrivez à trouver à quels films appartiennent les deux premières répliques ainsi que les réponses à la question (qui sont inscrites en rouge dans le blog), on se fera une joie de vous inviter à un barbecue pour partager un bon moment ! 

dimanche 23 décembre 2012

Joyeux noël ! Feliz navidad !

Une fois partis de Bariloche (le 10 décembre) avec un petit sac de chocolat (spécialité de Bariloche, normal avec tous ces exilés Suisses.), nous attaquons la route 40 en Argentine avec pour objectif le parc national "Los Alerces" (qui est une variété d'arbres).
Notre première nuit se fera dans le jardin d'un garde parc, celui ci très sympathique nous laissera passer la fin d'après midi à faire la sieste. Merci à Danilo. Nous discuterons notamment des feux de forets très présent par ici, une unité est d'ailleurs détachée par ici avec pour seul but les feux de forets, il font des stages aux Etats Unis et en Europe afin de se perfectionner.


Nous passons par la ville de El Bolson où nous ferons une journée de repos dans un camping pas mal du tout puisqu'une fabrique de bières artisanales est juste à coté. Une machine à laver est aussi à disposition et l'eau chaude des sanitaires fait du bien lors des douches que nous prenons maintenant au rythme d'une tous les 3/4 jours.... Cela dit, nous nous faisons laver par la pluie qui tombe, froide par contre !
Nous rencontrons Philippe, un français retraité qui voyage en camping car (sa femme étant en France à travailler en attendant la retraite...si ça peut donner des idées à certain...). Nous partagerons 2 repas avec lui, un premier barbecue à la viande et un second avec des truites assez délicieuse.














Il faut dire que la région regorge de poissons du fait des nombreuses rivières et lacs. Les amateurs pêchent la truite ou le saumon, des agences sont même spécialisées pour emmener les touristes plusieurs jours sur un bateau afin de pratiquer leur sport favori : la pêche à la mouche. C'est le cas d'un gars qui nous a pris en stop (sur 45 km) alors que nous roulions tout en tendant le bras et le pouce. Cela nous permettra le soir même d'être à l'entrée du parc national Los Alerces et son camping gratuit.


Etant les seuls, nous nous permettons de mettre la tente sous l'avancée des sanitaires, qui nous évitera de tremper toute l'après midi et toute la nuit sous les trombes d'eau qui tombent encore.
Le lendemain (le 16 décembre), au réveil : pluie et nuage très bas nous empêchant de voir le haut des montagnes alentours. Puis, au petit dej, la pluie cesse et les nuages remontent, on aperçoit enfin les cimes qui se sont recouvertes de neige durant la nuit... On décide de partir sous les quelques éclaircies entrecoupées d'averses.
Nous rencontrons 2 cyclistes Allemandes. Celles-ci voyagent pour 5 semaines durant leur vacances. Nous traversons le parc dans la journée, en évitant la pluie. Le soir, le spot de camping est des plus joli, le lac entouré de pics enneigés et de forets verdoyantes est agité par le vent qui souffle fort. Mais une haie généreuse nous abritera de ce dernier, pas de la pluie par contre, qui tombera cette nuit.




Le parc national Los Alerces crée en 1937 a pour but de préserver une foret d'Alerces, arbre géant qui peut atteindre 70 m de hauteur, un tronc d'un diamètre de 3 m, et l'age de ....2600 ans !!!Rien que ça. Le plus vieux spécimen retrouvé a même 3200 ans. Assez fou de se dire qu'ils ont vu défiler tant d'Histoire.


La sortie du parc nous emmènera vers la ville de Trevelin (nombreux immigrants Gallois) puis vers la frontière Chilienne. Ici, l'asphalte se transforme en ripio (chemin de terre et de cailloux) et un très mauvais ripio qui en plus de nous faire sauter de droite à gauche à cause des pierres, nous colle aux pneus et font crever Alexis. Le flanc du pneu arrière est déchiré sur 2 cm, la moindre pierre à cet endroit fait crever. Nous consoliderons avec un bout de chambre à air en plus à l’intérieur.
Nous recroisons un cyclo, Anglais cette fois, avec qui nous discuterons un bon quart d'heure, lui vient d'Ushuaia et remonte au nord...



Nous arrivons à la frontière, le gars n'est pas très commode mais nous passerons sans problème puis vient le coté Chilien où il faut toujours faire vérifier ces sacs afin de ne pas transporter fruit, fromage, lait, miel, viandes, etc. Cependant, notre pot de miel passera ainsi que le pot de confiture à la framboise acheté récemment à une mamie en bord de route (un régal au passage...).
Nous passons et retrouvons l'asphalte, très beau revêtement qui nous fait filer, malgré la pluie qui se remet à tomber, vers la ville de Futaleufu (prononcez Foutaléoufou). Un bon poulet frites au chaud et à l'abri puisque cette fois le robinet de la haut coule à flots. Et un camping où la gérante ayant pitié de nous, nous met dans un petit local où nous serons au sec et presque au chaud. Nous serons rejoint par un couple d’Israéliens très sympathique.
On nous avait prévenu que beaucoup d’Israéliens voyageaient en Patagonie, la plupart en stop. En effet, les jeunes, après le service militaire obligatoire pour les garçons et les filles de 3 ans (!), partent 6 mois à 1 an en voyage avant de travailler ou de reprendre les études. La plupart viennent en Patagonie...pourquoi ? On a pas encore la réponse.


La suite sera dictée par la pluie, une journée bloquée, car nous ne voulons pas être lessivé en 15 minutes, nous fait réfléchir à la suite de notre parcours. Plusieurs options s'offrent à nous. On en dit pas plus à part que le père noël est passé par ici (à suivre l'année prochaine...)
Le jour suivant (jeudi 20), nous nous étions décidés à partir coûte que coûte mais nous traînons à voir ce qui nous attends. Mais c'était sans compter sur notre bonne étoile, Alexis sort pour aller aux toilettes et discute avec le gars du camping et son beau fils qui a un ... pick up. En fin de conversation il tente le tout pour le tout et demande où il va avec le pick up...Chaiten, comme nous ! Le tour est joué, il part dans 30 min. Nous rangeons les affaires à toute allure sous l'oeil de nos compères Israeliens qui eux, avaient tenté la veille de faire du stop, en vain.

Au final, nous arriverons à Chaiten, sur la cote, après 2h30 de route, enfin de piste défoncé qui nous secoue énormément en 4x4. Nous pensions mettre 4 jours ! Merci à Percy avec qui nous avons pas mal discuté.
Il nous explique qu'à cette époque, normalement il fait beau et chaud... Pour lui il y a 2 raisons : la première, que tout le monde connait, est le "cambio climatico" (changement climatique). La seconde (que les anciens évoquent plus) : en 2008 a eu lieu dans la région une forte éruption volcanique et depuis, le temps est détraqué.

En effet, à quelques kilomètres de Chaiten, un volcan supposé éteint s'est réveillé provoquant un important panache de fumée (bloquant même quelques temps l'aéroport de Buenos Aires !). Un périmètre de 50 km autour du volcan fut évacué, dont la ville de Chaiten.
Et heureusement car en arrivant dans cette ville nous comprenons la puissance du volcan. La ville a été détruite, des maisons sont arrachées, d'autres sont remplies jusqu'à la moitié de cendres, un toit traîne encore sur la plage, mais le plus spectaculaire est que le cours du fleuve est été dévié et passe maintenant en plein milieu de la ville coupant ainsi l'avenue en 2 !!! Nous restons bouche bée face à ce désastre qui n'a heureusement pas fait de victime.
Aujourd'hui, la ville se reconstruit doucement mais le volcan très actif (éruption en 2009 et 2011) doit rebuter certains habitants à revenir dans le coin. Cela fera notre "bonheur" pour une nuit puisque nous camperons dans une poissonnerie abandonnée. Plus de fenêtre mais un toit, un plancher et 4 murs nous mettrons à l'abri du vent et de la pluie qui tombe inlassablement.




Nous rejoindrons la ville de Puerto Montt grâce à un ferry de nuit. Nous y sommes actuellement mais nous repartons vers Puerto Varas (20 km au nord) afin de passer le réveillon au bord du lac... Nous partirons dès la prochaine accalmie. Pour info, l'article est écrit étant assis sur les toilettes...seul endroit où il y a une prise...
Nous vous souhaitons à tous un très bon réveillon et un très joyeux noël. Profitez bien de tous vos proches, et nous penserons à vous (et surtout à ce que vous mangerez), avec qui nous aurions malgré tout aimé être ce jour là.
Allez mettez vous en plein le ventre et JOYEUX NOËL !!!!!

lundi 10 décembre 2012

Bienvenidos en Argentina !

Cela fait déjà 9 mois que nous sommes partis et nous voilà en Patagonie. Plus de 5 555 kilomètres au compteur ! 
La dernière fois que nous vous avons écrit, nous parlions de pluie…Et bien, nous allons encore y faire allusion ..!
LAVAGE :
En quittant le village de Conaripe, en direction de la frontière Argentine, les nuages sont au rendez-vous mais pas la pluie (pas encore !). Nous roulons tranquillement sur une trentaine de kilomètres avant le déluge ! On a la chance de trouver un mini abri de bus où on s’abrite, espérant une accalmie.
Au bout de quelques minutes, on comprend que c’est parti pour un long moment… Aux alentours, des champs et quelques habitations, mais tout est détrempé pour planter la tente… Deux femmes passent devant nous : elles sont trempées mais cela n’a pas l’air de les déranger, elles rigolent… On leur demande si elles connaissent un endroit où nous pourrions mettre notre tente. Une d’elle appelle une dame et passe vite le téléphone à Pauline… C’est très évident de demander à une personne que l’on ne connait pas, au téléphone, si l’on peut dormir dans son jardin, et tout ça en espagnol ! Au final, pas de problème.
On suit un petit chemin de terre jusqu’aux habitations et la dame sort de chez elle pour nous accueillir. Elle nous propose les champs derrière chez elle. Mais en passant dans son jardin, on voit un super abri où il n’y a rien dessous ! Après hésitation de sa part (elle trouvait ça trop sale pour que nous dormions ici), nous nous installons. C’est en fait l’étage d’une étable ! Le plancher mal sérré laisse apercevoir les vaches et la paille juste sous nos pieds ! Le vent souffle fort et le bâtiment de bois semble fragile ! Mais nous sommes vraiment très contents d’avoir ce palace pour la nuit !
La dame, Myriam, nous apporte de l’eau chaude et deux grosses parts de gâteau. Elle nous invite à venir nous réchauffer chez elle, mais nous ne voulons pas déranger plus. Nous nous sentons déjà un peu intrus.




SAVONNAGE :
Le lendemain matin, après une nuit pluvieuse, les nuages sont là mais la pluie s’est calmée. On remercie Myriam et nous reprenons la route pour le village de Liquine (dernière étape avant la frontière). Sur le chemin, de nombreuses stations thermales nous donnent envie depuis Pucan. A chaque fois, on se dit « c’est un peu cher, et puis il faut qu’on avance ! », mais ce matin-là, on a craqué ! Thermes très agréables et pas du tout chers comparés aux endroits touristiques.
Allez hop ! Un bon bain chaud nous fera le plus grand bien, dans un bassin en plein air entouré de montagnes.
On fait quelques courses et on reprend la route qui commence sérieusement à monter. Pour passer en Argentine, ou au Chili, il faut passer une chaîne montagneuse (les Andes) qui sert en fait de frontière. Ce qui a également servi à faire les frontières pour ces deux pays sont les sources des rivières : toutes celles qui se jettent dans l’Atlantique appartiennent à l’Argentine, et toutes celles qui se jettent dans le Pacifique appartiennent au Chili…
Bref, la pluie se remet à tomber… On met nos vêtements de pluie, mais comme on monte, on est presque plus trempés dedans que dessus ! La route n’est pas asphaltée et l’eau la rend boueuse…Le vent s’ajoute à cette pagaille. On est gelés ! Sur cette route, on passera sur « el puente seco » ou « le pont sec »…Très drôle !!!

On arrive après 30 kilomètres de galère (oui, là, il faut le dire !) au poste de migration du Chili. Les « carabineros » (les policiers) nous ouvrent la porte. Il y a un poêle à bois ! Et puis, le silence ! On fait les papiers nécessaires et les policiers nous offrent une boisson chaude avec petits gâteaux ! Vraiment sympathique ! 
Pas très courageux pour continuer, on leur demande si l’on peut camper sous le porche de la maison d’en face. Il n’y a personne qui y habite, il n’y a donc aucun problème.
On ouvre la porte et on retrouve le vent glacial, la pluie qui tombe… On va s’installer en face et on met nos vêtements à sécher tant bien que mal. 
Prévision météorologique pour demain : idem ! Prévisions concernant le dénivelé : Pour commencer, une grosse côte de 3 km avec un terrain peu adapté à la bicyclette… Youpi !
RINÇAGE :
On se réveille donc sous la pluie. Mais, il faut tout de même partir car nous n’avons pas énormément de nourriture et on a presque plus d’essence pour cuisiner. La prochaine ville est à 102 kilomètres…
Pauline va demander de l’eau potable aux policiers. Ils semblent halluciner que nous partions de ce temps-là. Quelques minutes plus tard, on voit deux d’entre eux sortir et nous faire signe de mettre les vélos dans leur 4x4 ! Cette fois, c’est nous qui hallucinons !!!
On se dépêche de tout charger dans leur véhicule (des fois qu’ils changeraient d’avis !). Et ils nous montent jusqu’à la fin de la côte vraiment pentue ! Nous apprécions beaucoup leur geste car ils ne sont pas censés entrer sur le territoire Argentin ! Un des deux policiers prendra même une photo du panneau « Bienvenidos en Argentina » (il n’avait pas dû venir ici très souvent !).

Une fois parti, nous nous retrouvons tous les deux, toujours sous la flotte. Pas le choix cette fois, nous devons avancer. A partir d’ici, le chemin est plus plat. Enfin, disons que ça monte moins !
Au bout de 7 km, on abdique. On est déjà trempés et surtout à la limite de la congélation. Alexis a aperçu un bâtiment qui a l’air abandonné. C’est en effet un ancien centre de termes ! Il y a une petite avancée où il y a possibilité de mettre la tente. Quelques mètres plus loin, un autre bâtiment avec plein de bassins intérieurs et extérieurs : cela devait être un super complexe avant ! Des banderoles « PELIGRO » qui signifie « DANGER » interdisent le passage. Mais vous connaissez Alex… On part à l’aventure dans ce complexe avec l’espoir de trouver un bassin encore rempli d’eau chaude ! On en trouve un, mais l’eau est à 61 °C ! Impossible de se baigner là-dedans si on ne veut pas finir rôtis !
Alexis prend tout de même de l’eau qu’il met dans la douche solaire. En refroidissant un peu, elle sera bonne. On retourne donc à notre campement. Alex s’est servi d’une banderole « PELIGRO » pour faire une étente à linge… On passe l’après-midi dans la tente à regarder des films (jusqu’à ce qu’il n’y ai plus de batterie) et à jouer aux cartes.
Programme pour demain : s’armer de courage et partir coûte que coûte !

SÉCHAGE (Ouf !) :
Le lendemain matin, pas de pluie !!! On ramasse tout très vite et on file pour profiter au maximum du temps clément. Sur cette route, nous avons dû voir environ 3 voitures… Nous sommes donc tranquille mais nous aurions tout de même aimé qu’un pick-up passe par là !
Les nuages se dissipent laissant apercevoir les rayons du soleil ! Plus ça va, et plus il y a du soleil ! Quelle joie ! Le paysage devient complètement différent avec du beau temps ! Et le moral aussi !
On aperçoit de beaux lacs aux couleurs magnifiques. Les arbres qui nous entourent nous font penser aux forêts de chez nous. On entend les oiseaux qui chantent… Eh oui, on se croirait dans un Disney, après que l’épisode de la méchante sorcière soit passé…




Sur la route, on croisera une énorme coulée de lave ancienne de 4 siècles ! Impressionnant ! Elle provient du jeune volcan Lanin juste à côté de nous.
40 km plus loin, nous arrivons au poste de migration Argentine. On mange des pâtes froides et du thon (ce qu’il nous reste quoi !) pour entamer les 40 km qui nous séparent encore de San Martin De Los Andes.
Nous avons vraiment de la chance aujourd’hui car le temps est avec nous. Les lacs sont nombreux et les montages enneigées aussi. On commence à croiser plus de voitures (surtout des touristes). Vers 17h, on arrive enfin à la ville !
Premier objectif : PANADERIA (qui veut dire boulangerie en espagnol !)
Deuxième objectif : CAMPING (qui veut dire camping en anglais…) 
Le camping est à …4 kilomètres ! Comme si on n’en avait pas fait assez ! Après avoir fait des courses et avoir mangé un excellent repas copieux et complet (!), on va se coucher. Au final, une journée de 95 kilomètres…
Le lendemain matin : PLUIE ! On décide de ne sortir de la tente que vers 13 heures ! Eh oui… Aujourd’hui on fait les fainéants…Et le lendemain aussi d’ailleurs ! En fait, on fait grève quand il pleut ! Heureusement qu’on n’a pas la même philosophie quand on travaille en Normandie…
Le 7 Décembre, nous reprenons la route avec de petites averses. Nous montons avec une vue superbe sur le lac lacar (pas du meuble !).
Ce jour-là, Alexis crève pour la première fois ! (avait-il besoin d'une pause ?!) Avec tous ces ralentissements, on commence à croire que l'Amérique Latine veut nous garder avec elle !

On débute la célèbre route des sept lacs qui compte pas moins de sept lacs… En effet, plusieurs d’entre eux ne sont pas répertoriés sur les cartes…En tout cas, c’est très beau ! Nous entrons également dans les parcs nationaux LANIN et NAHUEL HUAPI.
On campe sur une aire de camping libre avec une vue splendide.




On continue cette route magnifique jusqu’à San Carlos de Bariloche où nous sommes arrivés aujourd’hui.
A bientôt pour de nouvelles aventures ! :)